Depuis la nuit des temps, musique et religion se côtoient. Bon nombre de recherches nous permettent même d’imaginer que les premières expressions sonores organisées de nos ancêtres n’avaient d’autres but que de communiquer avec à leurs divinités. Le langage courant n’aurait pas suffit, il était trop quotidien, trop peu sensitif, pour toucher ceux de l’au delà, les héros, les ancêtres ou les dieux.
Dans notre société occidentale, l’église réglementa sévèrement la musique. Certains intervalles harmoniques étaient proscrits car ils évoquaient le diable ou l’enfer. La pratique instrumentale était interdite car Dieu ayant créé l’homme à son image seul le chant était assez pur pour lui plaire.
Mais nous parlons d’un temps où tous les actes de la vie quotidienne avaient une signification religieuse. Or, depuis la renaissance, s’est opéré une séparation progressive mais inéluctable entre les mondes de la création musicale et la spiritualité.
Mon parcours de percussionniste, sans en être pleinement conscient, m’a progressivement rapproché du sacré. J’ai pu assister, et parfois participer, à quelques cérémonies Vodous du Bénin, à des "Bembes" et "Tambores" de la "Santeria "Cubaine ou encore à cette étrange syncrétisme entre religion Bantoue et Spiritisme que sont les "Cajones".
Chaque fois, j’ai pu constater que la transmission et l’apprentissage musical se faisait suivant un rituel religieux très éloigné de la méthode occidentale d’apprentissage. Même en m’efforçant de respecter au maximum les cultures qui m’accueillaient, je transgressai forcément les traditions, simplement par mon âge.
La question de la transmission de ces cultures se pose donc. Comment partager nos expériences, ou même enseigner, tout en respectant la culture d’origine ? Pour moi, il ne s’agit pas simplement d’éviter la transgression de tabous mais plutôt de transmettre l’esprit et la force des musiques rituelles.
Dominique Violet
En photo : Un Eggun (revenant) dansant au son des Gbons (tambours d’aisselles) à Ouidah (Bénin).
Le 24 Mai à Eure (26) à la gare à coulisse (Cie Transe Express).
Sandunga présente le Gangst’Afro Latin Groove and Moove et son nouveau spectacle gigantesque, le Big Gang.
Laetitia Decker jouera son solo clownesque tonitruant : Bonniche.
Cette soirée est l’aboutissement d’une résidence de la compagnie Sandunga avec Laetitia Decker.
La respiration est le berceau du rythme.
Rainer Maria Rilke
Elle me plait cette petite phrase. Loin de la virtualité d’Internet, loin de Paris. Elle me fait penser au printemps qui s’apprête, pour renaitre. Ne parle-t-on pas du rythme des saisons ?